Intervention de Christophe Aubel, directeur de la Ligue ROC, lors du congrès français de la nature, le 20 janvier 2010.
Présenter un bilan des résultats et des avancées obtenus est souvent une gageure : on est sûr de tomber dans l’histoire du verre à moitié vide, ou à moitié plein suivant l’endroit d’où on le regarde, et probablement qu’à la fin de cette intervention, d’aucuns vont me trouver bien optimiste, tandis que d’autres me trouveront bien sévère.
Mon intervention comportera deux parties, la première sur un bilan un peu global, la seconde sur les engagements Grenelle à proprement parler. Je précise qu’on pourra trouver sur le site www.biodiversite2012.org et dans l’ouvrage coordonné par la Ligue ROC « Humanité et biodiversité, Manifeste pour une nouvelle alliance », des éléments précisant et développant mon propos.
I – Une progression générale dans la société
C’est une évidence, à l’international. On le doit sans aucun doute à l’engagement pris en 2002 de freiner l’érosion, car si cet appel était largement incantatoire, ce qui explique qu’il n’ait pas été tenu, il a eu le mérite d’imposer le sujet à l’agenda. En France, différents événements ont imposé le sujet : la conférence de 2005, « Biodiversité Sciences et Gouvernance », puis la campagne électorale avec le Pacte Ecologique, mais aussi le travail de fourmis des associations, dont celui de la Ligue ROC qui je le rappelle a en 2005, lancé une adresse aux élus, puis sorti un premier Manifeste, avant de co-organiser au Sénat en 2006 des Assises « Ensemble pour la biodiversité » et d’ouvrir en 2007 un site internet consacré à la biodiversité dans la campagne électorale.
Le Grenelle étant ensuite un moment phare qui marque un point de bascule. Avant Grenelle, la biodiversité n’était discutée qu’entre spécialistes, à défaut d’être devenue populaire, elle est malgré tout devenue un sujet présent dans les médias, discuté par toutes les parties prenantes, qui se mobilisent toutes de plus en plus. Les politiques ne peuvent plus l’ignorer. S’afficher contre, ou rester inactif, est devenu de plus en plus difficile.


