Tous concernés

Cette section regroupe les rubriques suivantes :

Vous trouverez ci-dessous les derniers articles de cette section, le plus récents en premier. 
Reportez vous au menu ci-dessus pour naviguer dans chacune des différentes rubriques.



 



La biodiversité urbaine: une nature latente

La biodiversité urbaine est composée d’un ensemble d’espèces communes, souvent étrangères, des “mauvaises herbes” dans un milieu stérile entièrement construits pour les besoins humains. Avouons que cette façon de voir n’invite pas à connaître vraiment cette nature. Nous la supposons sans intérêt. Ainsi qualifiée, c’est très mal parti pour la quantifier!

Miron__928b

On ne s’attend pas à de la “nature” dans notre habitat de “culture”. Pourtant la biodiversité urbaine est réelle et n’est pas intrinsèquement pauvre. C’est notre regard absent, occupé à regarder ailleurs, qui est cause de cette fausse impression. Nous regardons par exemple les milieux naturels et voulons nous assurer de les préserver. Il est alors curieux de constater que nous ne souhaitons pas y voir notre trace: avec nos grands pieds nous sommes une espèce à “conscience coupable”. La réciproque semble vrai: s’il est interdit de trouver traces des humains dans la nature, en contrepartie la “nature” (la biodiversité) chez les humains est invisible parce qu’impossible. Une bien étonnante dichotomie s’est installée entre “notre” monde et  l’autre monde.

Cette “conscience coupable” n’est pas partagée par les végétaux...Les plantes lancent leurs graines urbi et orbi. Si elles trouvent du sol elles s’y déploient. La biodiversité urbaine est-elle pauvre? Pour répondre à cette question faisons une simple expérience: disposons des “pages blanches” pour voir ce qui s’y écrira. Retirons du béton et du bitume, exposons le sol. La végétalisation spontanée de ces surfaces deviendra autant d’habitats de la biodiversité en un mouvement d’auto-complexification et d’enrichissement.

Champ_des_Possibles

Le constat d’une faible biodiversité urbaine n’est donc en fait qu’une commode demi-vérité. Nous détenons les clefs et gardons le coffre fermé. Sous les pavés il y a le champ. La biodiversité urbaine est latente. La rareté des habitats que nous lui offrons ne lui permet pas de prendre place. La situation s’inverse facilement: des aménagements en autant d’invitations à la colonisation s’imposent. Poursuivant la métaphore photographique: ce sera le bain révélateur et l’image se développera...

La biodiversité urbaine ne requiert que de l’espace et si cet espace est caractérisé par une diversité morphologique (dénivellations, eau, etc.) l’effet sera meilleur.

Ainsi afin d’augmenter la biodiversité urbaine, voici un plan en trois points:

1- naturaliser les parcs

Les parcs à Montréal pourraient être décrits comme des surfaces planes, gazonnées et plantées d’arbres. Essentiellement ce sont des aménagements verts minimaux faciles à entretenir. De nombreux parcs étaient à l’origine des carrières épuisées, converties en dépotoirs puis en parcs. Dire qu’ils sont pauvres en biodiversité est une évidence. La naturalisation d’une partie de chaque parc ajouterait pourtant à cette trame verte humaine une trame verte pour la biodiversité. Il va sans dire que l’appréciation humaine de ces espaces mixtes serait enrichie par les multiples espèces de plantes, d’insectes et d’oiseaux qui en deviendraient eux aussi des “utilisateurs”.

2- conserver les terrains vagues

Les changements industriels des 40 dernières années ont laissé une chapelet de terrains vagues tout au long des voies ferrées. La valeur foncière de ces terrains est annulée bien souvent par les coûts élevés de leur décontamination ou le temps nécessaire à l’opération (phytorémédiation, par exemple). Hors ce qui ne cadre pas dans les perspectives économiques humaines ordinaires peut bien souvent faire l’affaire de la biodiversité.

Il ne faut pas oublier les occasions présentées par des terrains vagues insérés plus intimement dans la trame urbaine par d’autres processus économiques: édifices démolis en attente spéculative par exemple. Ces terrains vagues ont l’intérêt d’être inscrits dans l’espace résidentiel et offre une opportunité de verdissement localisé stratégiquement. Des services environnementaux de proximité en quelque sorte.

3- convertir les voies ferrées en biocorridor

La mixité d’usages des voies ferrées est déjà une réalité. Végétaux, insectes, oiseaux et mammifères utilisent ces voies de migration et de déplacement. La végétalisation spontanée de chaque côté doit être protégée, encouragée et améliorée. Comme pour les terrains vagues il faut s’assurer de la plantation d’arbustes fruitiers pour l’avifaune ou l’introduction d’espèces favorisant les lépidoptères par exemple.

Ensemble ces trois améliorations/créations d’habitats peuvent avoir un impact positif sur la biodiversité urbaine. Les espaces sans usages ou à la limite de l’utilité pour les humains ne sont pas des déserts. Avec un peu d’attention et certaines interventions ces espaces seraient des ajouts à la mosaïque d’habitats disponibles pour la biodiversité. Singulièrement, à Montréal, cette connectivité augmentée entre les habitats anthropiques “améliorés” peut aussi avoir une effet bénéfique sur les grands espaces plus ou moins naturels en marge de l’île. On déplore souvent en effet qu’ils ne soient connectés, séparés par le désert urbain.

Champ_des_Possibles-01


Des écosystèmes naissants

Évidemment quelques révisions de nos représentations de la nature et du milieu urbain doivent avoir lieu: la mixité biogéographique des espèces n’ayant pas la faveur de tous. Il semble toutefois que nous ne sommes pas les seuls juges de ces nouveaux assemblages écologiques. De nombreuses espèces exotiques ont déjà un rôle écologique précieux: bien des abeilles apprécient ces nouveaux nectars.

Notre regard absent nous prive aussi de la découverte d’un paysage hybride: le résultat du brassage biogéographique de l’anthroposphère. Cette phrase même est trop “anthropocentriste”: nous ne sommes pas les seuls maîtres à bord...nous ne sommes pas les dieux omnipotents que nous croyons! À ce compte nous pouvons faire mieux: retirons-nous un peu et faisons un peu de place, avec modestie, à la biodiversité urbaine. Ces paysages à advenir ne m’effraient pas, ils m’interpellent. Ils sont cette nature nue et vraie de laquelle les humains ne sont pas exclus. Il n’y a jamais eu de paradis terrestre...

C’est donc la paucité des habitats et notre mauvaise foi qui maintient une biodiversité minimale. L’espèce parmi les plus adaptables qui soient (la nôtre!) est celle qui se refuse le plus obstinément de constater l’adaptabilité chez les autres espèces. C’est en fait un orgueil jaloux, à la fois bien dissimulé et aveuglant: reconnaître l’adaptabilité des autres espèces ce serait dissoudre notre illusoire unicité. Pourtant ces espèces communes, indigènes apophytes, rudes rudérales, exotiques menaçantes et quelquefois envahissantes ont beaucoup à nous offrir. D’abord elles tracent littéralement la voie aux autres espèces et nous donnent une pressante leçon.

Avec le monde végétal la règle est assez simple et performante: faites l’habitat et les plantes le trouveront. Il est temps de se faire un adjoint de la flore urbaine et de partager un nouveau nectar avec la biodiversité. Elle se meure d’envie de se (et nous) rendre service.

Par Roger Latour : http://floraurbana.blogspot.com

Champ_des_Possibles-02

 

Les gardiens de la biodiversité

Dans la forêt des sigles et la jungle des organisations de protection de la nature, il est parfois compliqué de s’y retrouver. Auriez-vous été capable d’expliquer ce que signifie le sigle UICN ? Pourtant l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature regroupe à elle seule plus de 1000 ONG, gouvernements et organisations environnementales. Nous avons rencontré François Letourneux, président du Comité Français de l’UICN. Au cours de cet entretien, il fait état de la biodiversité en France, et revient sur la question des réintroductions d’espèces, notamment celle de l’ours des Pyrénées.

Une vidéo Terre.tv

 

Les récifs artificiels de Marseille, une opération pilote de réhabilitation écologique

Depuis 2500 ans, Marseille a été choisi pour sa rade magnifique mais la mise en valeur de ce site naturel exceptionnel est devenue trés récemment une préoccupation majeure des marseillais. Notre association a été l’une des premiéres à informer d’un projet de complexe sportif dans le site des Calanques, classé au niveau national.

La revendication de ce qui sera le premier Parc National peri-urbain, à la fois marin et terrestre, s’est trouvée au cœur des derniéres municipales et les élus de toutes tendances ont pris conscience de l’attachement des marseillais à ces 6000 ha exceptionnels par leurs falaises et l’absence d’urbanisation sur 20 km de façade maritime.

Depuis plusieurs années cependant, la municipalité de Marseille préparait une opération-pilote d’immersion d’un ensemble de récifs artificiels dans la rade entre la côte et les îles du Frioul. Certes ce n’est pas une idée nouvelle puisqu’au Japon, elle date d’un demi-siécle et couvre des milliers d’hectares mais, pour notre pays, c’est la concrétisation d’un programme d’envergure destiné à réhabiliter les herbiers de Posidonies et la faune associée.

A une époque où les enjeux environnementaux sont croissants et font débat, les éoliennes même trouvant des opposants, il faut surtout noter que cette opération ’gagnant-gagnant’ trouve peu de contradicteurs : les pêcheurs professionnels comme les plaisanciers ont vite saisi que ces abris de béton étudiés pour constituer des habitats sous-marins nouveaux sur des fonds sableux allaient être colonisés en quelques années comme partout ailleurs. D’ailleurs ces récifs artificiels seront connectés les uns aux autres et gérés dans une optique de développement durable, avec un coeur interdit à la pêche et réservé à la reproduction.

Pierre JOUVENTIN
Directeur de Recherche au C.N.R.S.
Administrateur de la Ligue ROC


 

La Stratégie canadienne de la biodiversité - Faire notre part

Résumé :

La biodiversité soutient les sociétés humaines écologiquement, économiquement, culturellement et spirituellement. Toutefois, malgré l’importance de la biodiversité, la croissance démographique alliée à l’augmentation de la consommation des ressources entraînement une détérioration des écosystèmes ainsi qu’une diminution du nombre des espèces et de leur diversité génétique. Le déclin de la biodiversité à l’échelle du globe est maintenant reconnu comme un des plus graves problèmes environnementaux auxquels doit faire face l’humanité.

Conscients de l’impact mondial du déclin de la biodiversité, les pays du monde ont égocié la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique. La délégation canadienne a participé activement aux négociations qui ont mené à la Convention ; le Premier ministre l’a signée au Sommet de la Terre en juin 1992 et, en décembre 1992, le Canada devenait le premier pays industrialisé à la ratifier.

Les trois objectifs de la Convention sur la biodiversité sont :

- la conservation de la biodiversité ;
- l’utilisation durable de la biodiversité ;
- le partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques.

Ces objectifs illustrent la nature et la grande portée de la Convention. En qualité d’instrument général, la Convention fournit à chaque nation la base nécessaire pour évaluer ses efforts actuels afin de conserver la biodiversité et d’utiliser de manière durable les ressources biologiques, et pour déterminer la façon de combler les éventuelles lacunes et de profiter des occasions.

Une des obligations principales des parties qui ont ratifié la Convention consiste à préparer une stratégie nationale. La Stratégie canadienne de la biodiversité est la réponse du Canada à cette obligation ; elle a été élaborée comme guide de la mise en oeuvre de la Convention sur la diversité biologique au Canada. Toutes les orientations stratégiques énoncées dans la Stratégie ont leur raison d’être d’un point de vue national, mais certains éléments peuvent ne pas s’appliquer dans certaines régions. La Stratégie canadienne de la biodiversité reconnaît les responsabilités constitutionnelles et législatives qui existent actuellement, au Canada, face à la biodiversité. Elle insiste également sur l’importance de la coopération intergouvernementale en vue de créer le climat politique, administratif et de recherche requis pour l’avancement de la gestion écologique. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, de concert avec le public et les intervenants, poursuivront les orientations stratégiques fixées dans la Stratégie, suivant leurs politiques, leurs plans, leurs priorités et leurs possibilités financières.

La stratégie canadienne de la biodiversité est téléchargeable au format .pdf ou .rtf à partir de cette page...

 

Des mares pour développer la biodiversité

Les mares sont des milieux humides qui ont disparu peu à peu des villes du fait de l’urbanisation. Elles sont pourtant bien adaptées à l’échelle de la ville et en particulier aux espaces verts de Paris. Aujourd’hui, après la création de huit nouvelles mares au cours de l’année 2007, Paris compte 20 mares dans ses espaces verts.

Pourquoi créer des mares à Paris ?

Elles présentent un intérêt écologique, pédagogique, paysager et sont également intéressante du point de vue de la gestion de l’eau. Les mares sont simples à réaliser et de faible coût d’entretien.

La disparition de ces milieux et des espèces inféodées, leur méconnaissance par les citadins, et l’engagement de la Ville de Paris en faveur du développement durable ont amené la Direction des Espaces Verts et de l’Environnement (DEVE) à proposer un projet d’aménagements de mares à Paris.

Ce projet a permis la création de 8 nouvelles mares dans Paris Intra-muros en 2007. Il renforce le réseau de mares déjà existantes dans Paris et dans les bois. Il répond, de plus, aux attentes de la charte de la biodiversité et des milieux naturels, élaborée par la région Ile-de-France signée le 18 mars 2004 par la ville de Paris.

Un dossier à découvrir en ligne ici...

 
Page 1 de 5


www.biodiversite2012.org

Articles les plus lus